Les premières pages de Doregon !

18/10/2010 at 12:31 (Doregon, Salons)

Nous sommes les 18 octobre, un mois jour pour jour avant la sortie de Doregon en librairies et comme promis, je vais vous dévoiler les premières pages de ce nouveau roman. J’espère que ça vous plaira !

Mais avant cela, je voudrais remercier du fond du cœur toutes les personnes avec qui j’ai passé un moment extraordinaire au salon du Mans ce week-end. L’équipe du stand de l’Atalante et Gwen en particulier, le libraire de l’Atalante. Les auteurs avec qui j’ai passé des moments formidables : Fabrice Colin, Pierre Bordage, Xavier Mauméjean, Laurent Gennefort, Cyril Pujos, Gilles Servat, Michel Robert, Loïc Le Borgne. Leur présence, leur humour, leurs sourires ont rajouté une dose de soleil sur ce salon déjà fort gâté en la matière. Je voudrais aussi passer le bonjour aux nombreux lecteurs qui sont passés me voir, des têtes connues que je croise pour la troisième fois avec le même plaisir et des nouvelles…

Ce salon restera gravé dans ma mémoire, c’est certain ! 8)

*******

Et maintenant… Doregon…

Entre-Temps, dans une librairie

On m’avait trahi. Je savais que cela devait arriver. Moone était bien trop prévisible pour que j’ignore ses intentions. L’Histoire n’est jamais toute tracée, mais certaines voies semblent plus évidentes que d’autres.

Allongée sur mon lit, les yeux écarquillés dans le noir, le corps raidi par l’inquiétude, mon esprit bondissait d’une idée à l’autre à toute allure, à la recherche de la meilleure solution possible pour protéger le Secret. Mon Secret, celui dont j’étais la gardienne. Celui qui était sous ma responsabilité. Dans l’obscurité à peine trahie par la lueur argentée de la lune, je distinguais les ombres dessinées par le mobilier familier de ma chambre, le tableau accroché sur le mur représentant le fleuve dans ses méandres scintillants – il me semblait l’avoir peint dans une autre vie –, le drapé des rideaux qui tombaient en motifs étranges dans la nuit, masquant la fenêtre monumentale, le tapis tissé de dessins entrelacés et compliqués, le mobilier en bois craquant. Et puis, il y avait sa photo posée sur la table de chevet, qui me confortait dans l’illusion qu’il me regardait encore avec tendresse. Tout était parfaitement à sa place et, pourtant, je savais intuitivement que c’était la dernière fois que je voyais mon monde tel qu’il était en cet instant. Moone venait pour le détruire, le piétiner, le modeler à son image : brutale, haineuse, asservie à son immense ego. Je retins ma respiration quelques instants, guettant les sons encore lointains qui résonnaient dans le couloir.

Moone était en route pour voler le Secret, me l’arracher. C’était tellement prévisible que, depuis plusieurs nuits, je me couchais toute habillée afin d’être prête à fuir… Il était urgent que je trouve où le dissimuler. Me cacher, moi, n’aurait aucun intérêt. Moone avait le moyen de me dénicher facilement. Il n’aurait alors aucun scrupule à le récupérer, quitte à me tuer pour cela. Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale. Comment en étions-nous arrivés là ?

Instinctivement, mon bras se tendit sur le côté, dans un geste familier. J’avais beau savoir que je ne trouverais que le drap vide et froid près de moi dans le grand lit, mon cœur se serra en redécouvrant l’absence. Il n’était plus là pour m’apporter son réconfort, ses conseils. Pourtant, j’en aurais eu besoin, plus que jamais, en cette heure sombre.

Lui seul aurait pu me venir en aide. Lui seul… Il aurait su trouver les mots pour m’insuffler le courage, pour me donner la force d’affronter Moone. Il aurait levé une armée de lymbiotes, ou je ne sais quoi encore qui était en son pouvoir. Mais il ne reviendrait jamais. Je fermai les yeux. Le noir sous mes paupières se stria de rouge. Mes larmes étaient sur le point de déborder mais je les retenais. L’heure n’était pas à la tristesse ou aux souvenirs. Je devais agir, et vite. Tout en entendant les pas se rapprocher, j’explorai les lignes du temps à la recherche de la faille, celle qui avait permis sa disparition.

L’Histoire n’est jamais toute tracée. Le futur peut se modifier en fonction de nos décisions. Mais le passé est également malléable, si l’on sait retrouver l’embranchement qui précède le présent. Celui qui est à l’origine de la ligne d’événements qui mène jusqu’à aujourd’hui. Et je trouvai sans problème la voie qui m’avait menée à ce jour.

La solution s’imposa alors à moi, comme un coup de poing au plexus solaire. Ma respiration s’interrompit avant de reprendre, haletante. Non… Je ne pouvais pas ! Je n’avais pas le droit. Jouer avec le temps était interdit, punissable ! Mais si je laissais mon ennemi s’emparer du Secret, alors cet interdit n’aurait plus lieu d’être, comme tout le reste… Le plus important, c’était que je l’empêche de se l’approprier. Le reste… j’en mesurerai les conséquences plus tard. Le bruit de ma lourde porte de bois malmenée par les assauts violents de Moone me confirma dans cette certitude. Je n’avais pas à réfléchir plus longtemps. Je savais que cette décision allait changer le présent et le futur. Je ne savais juste pas encore comment j’allais réécrire l’histoire, mais si c’était le seul moyen de sauver le Secret, de sauver Doregon et de le sauver lui en même temps, alors, il n’y avait pas à hésiter.

Ma décision prise, je me redressai d’un coup dans mon lit, me levai, saisis ma cape posée sur le dossier d’un fauteuil, m’en enveloppai et disparus de la chambre instantanément, au moment où Moone brisait le panneau de bois dans un bruit effroyable. Je l’entendis grogner de loin et je me permis de laisser traîner mon rire moqueur dans le couloir du temps, dans le présent où Moone trouvait la pièce vide, le lit défait.

Je l’entendis hurler mon nom, sa rage se répercutant jusqu’à moi, même là où j’étais, en arrière dans l’histoire…

– MIA !

Il avait deviné que j’étais partie dans le passé et que j’allais modifier la course des événements. C’était dangereux, mais Moone l’était encore plus. Garmon n’aimerait certainement pas ce que j’étais en train de fomenter, mais il n’était plus là pour le savoir.

J’avais quelques minutes pour agir. Et espérer que tout se déferait pour se reformer, autrement…

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9 commentaires

  1. Sarah said,

    J’adore, j’adore, j’adore !!! =D. Vivement le 18 Novembre ^^

  2. plumenoire said,

    Génial, magnifique… Suspens assuré !

    • writtingbishop said,

      Oups, c’est le compte à mon frêre alors ça, c’était ma phrase !^^

      Génial, magnifique… Suspens assuré !

  3. Banane said,

    Je… J’ai plus d’ongle… ça fait mal…

    J’ai jamais autant voulu une date!

    Merci, et bravo!! =D

    • Banane said,

      d’ONGLES*

      Désolée @u@

  4. Fantasy said,

    Ca s’annonce être du pur plaisir ! J’ai trop hâte de l’avoir entre mes mains 😀

  5. Xavier Mauméjean said,

    C’est réciproque, Carina, toujours un plaisir de te voir !
    Amitiés,
    Xavier

  6. Rose said,

    C’est trop bien j’ai trop hâte qu’il sorte!!!!!

  7. Matilda said,

    B’jour ^^
    J’ai terminé hier soir le deuxième volume de La quête des livres-mondes et c’était super chouette comme d’habitude 🙂 Contente de retrouver Zec, Eden, et Louis et surtout leur quête. La fin est très prenante et j’ai hâte de lire la suite maintenant (peut-être pour ça que j’ai attendu avec de l’ouvrir, histoire de moins attendre la suite).
    Bref un agréable moment de lecture, merci pour votre livre 🙂

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